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Article extrait des Dernières Nouvelles d'Alsace du 17 mars 2005.

Photo DNA - Michel Frison
Un instrument qui servira lors de différentes animations musicales. (Photo DNA - Michel Frison)

Un piano restauré à l'Institut Bruckhof

Une nombreuse assistance de mélomanes est venue ce lundi soir à l'Institut pour enfants déficients auditifs « Bruckhof » de Neudorf pour assister à l'inauguration d'un piano à queue Westermayer restauré.

Il y a quelques mois, la paroisse protestante de Cronenbourg a offert à l'institut Bruckhof un piano à queue dont elle n'avait plus l'usage. Cet instrument datant de la fin du XIXe siècle nécessitait une importante rénovation qui a pu être menée grâce à l'aide d'amis du Bruckhof.
 La restauration de l'ébénisterie a été effectuée par l'atelier d'entretien de l'institut Bruckhof et les travaux techniques de démontage complet, de remplacement des nombreux éléments défaillants et de réglage de la mécanique ont été réalisés par Jean-Pierre Schneider, réparateur accordeur de pianos de Brumath.

Mozart et Rossini

Pour la soirée inaugurale, c'est Dimitri Papadopoulos, un jeune pianiste talentueux et diplômé du Conservatoire de Strasbourg, qui a joué la pièce d'ouverture d'une belle soirée musicale, dans le cadre de la magnifique salle à charpente apparente de la maison alsacienne du site du Bruckhof. Il a interprété la Sonate en fa majeur de Wolfgang Amadeus Mozart, une oeuvre particulièrement belle où les traits virtuoses les plus énergiques s'associent aux solos lyriques comme dans une symphonie.
En seconde partie, l'ensemble « Couleurs vocales » dirigé par Christian Uhlmann, a émerveillé l'auditoire en chantant la première partie - le Kyrie et le Gloria - de la merveilleuse « Petite messe solennelle » de Gioacchino Rossini.
Le chef de choeur - qui est aussi le directeur-adjoint de l'institut Bruckhof - a eu le bonheur de diriger un très bel Ensemble créé par d'anciennes jeunes choristes de la Maîtrise de la Cathédrale de Strasbourg. Il a pu compter sur l'apport essentiel de grands solistes tels la soprano Ildiko Lorentz, l'alto Simona Ivas, le ténor Christian Lorentz et la basse Maurice Sutter, et l'accompagnement de Dimitri Papadopoulos au piano et de Daniel Selig à l'harmonium pour ce chef-d'oeuvre créé à Paris et que Rossini considérait comme « le dernier péché mortel de ma vieillesse ».
La direction de l'Institut Bruckhof compte mettre encore souvent ce bel instrument à contribution lors d'autres manifestations musicales.

R.A.

 

Article extrait des Dernières Nouvelles d'Alsace du 3 décembre 2005.
(Edition Strasbourg Campagne)

Un tabac pour Couleurs Vocales

La salle des fêtes de l'hôtel de ville était comble lorsque la jeune pianiste Delphine Le Varat attaqua les premières mesures de l'introduction de la messe solennelle de Rossini. Le concert se termina par un tollé d'applaudissements et un bis.

 Ce concert de « Couleurs Vocales » était organisé par la municipalité à l'occasion des événements locaux pour le Téléthon. Dans le cadre des animations musicales, ce fut incontestablement un maillon fort qui a amplement mérité le succès obtenu auprès du public. Les choristes ont parfaitement développé l'effet théâtral comme la technique étonnante de l'invention musicale, rythmique et mélodique de Rossini. Toute la jubilation propre au compositeur du Barbier de Séville, toute la force du romantisme naissant se sont exprimées sous la direction de Christian Uhlmann. Solistes et choristes ont ressuscité une époque à travers une oeuvre originale. En effet, Rossini, habitué des grands orchestres, avait prévu pour seul accompagnement un piano et un harmonium. Pour l'authenticité de la représentation brumathoise, ces deux instruments étaient là. La messe « petite  » était donc destinée originellement à des interprétations aux moyens modestes. Il n'en reste pas moins que l'oeuvre est splendide et que l'accompagnement percutant du piano, quelquefois un peu dominateur ce soir là, ont soulevé l'enthousiasme de l'auditoire. Celui-ci ne libéra les artistes qu'après un superbe bis.

 

Photo DNA
Couleurs vocales sous la direction de Christian Uhlmann. (Photo DNA)